Révision des comptes : quand une PME doit y recourir ?

Ecrit par Dominique Pariat 29 août 2025

En Suisse, la révision des comptes fait partie des obligations de transparence et de contrôle auxquelles les entreprises peuvent être soumises. Elle consiste en une vérification indépendante des états financiers par un réviseur agréé. Si elle est incontournable pour les grandes sociétés, elle concerne aussi de nombreuses PME qui doivent respecter certains critères fixés par la loi. Comprendre quand une révision est obligatoire, quelles sont les différentes formes possibles et quels en sont les impacts est essentiel pour anticiper ses obligations et éviter des erreurs coûteuses.

Le cadre légal de la révision des comptes en Suisse

La révision des comptes est encadrée par le Code des obligations. Son objectif est d’assurer la fiabilité des états financiers publiés par les entreprises et de protéger les actionnaires, créanciers et partenaires. La loi distingue deux types de révision : ordinaire et restreinte. Le choix ne dépend pas d’une préférence de l’entreprise, mais de critères objectifs liés à sa taille et à son organisation.

Cette réglementation reflète une logique de proportionnalité, car une petite société ne doit pas supporter la même charge qu’un groupe international. Toutefois, même les PME peuvent être tenues d’y recourir, et dans certains cas, elles choisissent volontairement une révision afin de renforcer leur crédibilité financière auprès des investisseurs ou des banques.

La révision ordinaire

La révision ordinaire est la forme la plus complète de contrôle. Elle impose une vérification détaillée des comptes et des processus internes de l’entreprise. Elle est obligatoire uniquement pour les sociétés qui dépassent certains seuils économiques précis.

La révision ordinaire s’applique dans les situations suivantes :

  • dépassement, pendant deux exercices consécutifs, d’au moins deux des seuils suivants : total du bilan de 20 millions CHF, chiffre d’affaires de 40 millions CHF, effectif moyen de 250 employés,

  • obligation légale spécifique prévue par les statuts ou par la loi,

  • exigence imposée par un actionnaire minoritaire représentant au moins 10 % du capital.

Cette forme de contrôle implique un audit exhaustif par un réviseur agréé. Si elle entraîne un coût important, elle permet d’apporter une garantie maximale sur la fiabilité des états financiers, ce qui constitue un avantage dans les négociations avec les partenaires financiers ou lors de projets de croissance externe.

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La révision restreinte

La révision restreinte est le régime le plus courant pour les PME suisses. Elle se limite à un contrôle de plausibilité des comptes, sans entrer dans un examen complet des processus internes. Elle est obligatoire pour la majorité des sociétés de capitaux qui ne remplissent pas les critères de la révision ordinaire.

Cette vérification plus légère s’appuie sur des analyses et des entretiens avec la direction. Elle permet de confirmer que les états financiers donnent une image fidèle de la situation globale, sans pour autant exiger la même intensité de travail qu’un audit complet. Les PME apprécient ce système, car il apporte une assurance raisonnable aux partenaires financiers tout en restant adapté à leurs moyens et à leur taille.

Dans certains cas, une société peut renoncer à la révision restreinte si elle emploie moins de dix salariés et que tous les actionnaires acceptent cette dispense. Cette possibilité reflète la flexibilité du droit suisse, qui cherche à alléger la charge des très petites structures.

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L’intérêt stratégique d’une révision volontaire

Même lorsqu’elle n’est pas légalement obligatoire, la révision des comptes peut être un choix stratégique. De nombreuses PME y recourent volontairement pour renforcer leur crédibilité auprès des investisseurs, faciliter l’accès au financement bancaire ou rassurer des partenaires étrangers.

Elle constitue aussi un outil interne de gestion et de prévention des risques. Une révision permet de détecter des faiblesses dans l’organisation comptable, de mettre en évidence des erreurs récurrentes et d’anticiper des problèmes fiscaux. Pour les entrepreneurs qui envisagent de créer une Société Anonyme (SA) en Suisse, recourir à une révision volontaire dès les premières années peut aussi constituer un signal de sérieux envoyé au marché.

 

FAQ sur la révision des comptes pour les PME en Suisse

1. Quelle est la différence entre révision ordinaire et révision restreinte ?
La révision ordinaire est un audit complet des comptes et des processus internes, imposé aux grandes entreprises qui dépassent certains seuils de bilan, de chiffre d’affaires ou d’effectif. La révision restreinte est plus légère et consiste en un contrôle de plausibilité des états financiers, généralement applicable aux PME. Cette dernière n’exige pas la même intensité de travail qu’un audit complet, mais elle fournit une assurance raisonnable sur la conformité des comptes.

2. Une petite entreprise peut-elle renoncer à la révision ?
Oui, si une société emploie moins de dix salariés et que tous les actionnaires y consentent, elle peut renoncer à la révision restreinte. Cette option, appelée “opting-out”, permet d’alléger la charge administrative et de réduire les coûts. Toutefois, elle comporte des limites, car l’absence de révision peut fragiliser la crédibilité de l’entreprise auprès des banques et investisseurs.

3. Quels sont les coûts d’une révision des comptes pour une PME ?
Le coût varie selon la taille de l’entreprise, la complexité de son organisation et le type de révision imposée. Une révision restreinte est généralement moins coûteuse, car elle demande moins d’heures de travail et d’analyses approfondies. Une révision ordinaire, en revanche, peut représenter un investissement important, mais elle apporte une garantie maximale sur la fiabilité des comptes, ce qui constitue un atout lors de levées de fonds ou de négociations avec des créanciers.

4. Quels sont les avantages d’une révision volontaire ?
Même lorsqu’elle n’est pas obligatoire, une révision volontaire peut renforcer la transparence et la crédibilité de l’entreprise. Elle facilite l’accès au financement bancaire, rassure les investisseurs étrangers et peut être un outil de gestion interne. Pour une PME en croissance ou une société nouvellement créée sous la forme d’une SA, recourir volontairement à une révision permet de démontrer un sérieux qui dépasse la simple conformité légale.

Sources et références

Les informations de cet article reposent sur :