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Interview de Pierre Maudet, candidat PLR ville de Genève

L'invité

 Actu PME  Pensez-vous que la gestion de la ville a été bonne durant votre législature ?

Pierre Maudet  Le Conseil administratif sortant aura eu le mérite de rompre avec les conflits internes et les scandales qui ont miné la précédente législature et de retrouver un certain esprit de collégialité. Il a mené à bien des réformes importantes telles que celle du statut du personnel de la Ville. La refonte du site Web de la Ville, désormais nettement plus orienté « prestation client », ou encore le réaménagement des pavillons de la Rade, sont également à mettre à son crédit. D’un point de vue purement comptable, la dette de la Ville a été réduite de 350 millions de francs durant les 5 dernières années, certes en grande partie grâce à des recettes fiscales exceptionnelles, mais aussi en raison d’un faible volume d’investissement.

De mon côté, je suis satisfait d’avoir pu mener à bien la réforme de la Police municipale, dotée de nouvelles compétences et dont la mission principale est désormais clairement orientée sur le travail de terrain et la proximité avec la population. Genève peut également se targuer d’être une des villes les plus dynamiques d’Europe en matière de démocratisation de l’accès à Internet. En effet la couverture Wifi de la Ville s’est largement développée ces dernières années, avec plus de 200 points d’accès gratuit répartis sur tout le territoire municipal.

Mais ne nous voilons pas la face, tout n’est pas rose. En matière de logement, par exemple, la guerre incessante entre la Ville et le Canton nuit aux habitants, ce qui n’est pas acceptable.

Actu PME  Si au lendemain des élections administratives, la droite venait à prendre le pouvoir. Qu’est-ce qui changera concrètement pour le citoyen genevois ?

Pierre Maudet  Plus de pragmatisme et moins de dogmatisme ! Prenons deux exemples concrets : celui de la piétonisation des rues et celui de la Police municipale.

Dans le premier cas, une initiative municipale des Verts vise à piétonniser 200 rues sur les 800 que compte Genève. Mon Parti s’est récemment opposé à la première partie du projet, qui doit en toucher 50. Non pas qu’il s’oppose à voir ces rues rendues aux piétons, mais parce qu’aucune réflexion globale n’a été faite autour de ces fermetures. Les rendre piétonnes pourquoi ? Pour que les voitures empruntent celles d’à-côté ? Pour rendre la vie plus dure aux automobilistes ? Je suis convaincu que la piétonisation, comme d’autres mesures en matière de trafic et de mobilité, doit découler d’une réflexion globale sur l’aménagement de la Ville et non d’une pure volonté idéologique. Le gain en qualité de vie doit être partagé par tous. Les commerçants ne doivent par exemple pas être pénalisés en n’ayant plus de places de stationnement à disposition pour leurs clients. C’est pourquoi mon Parti – mais c’est aussi le cas du Conseil administratif – prône le « compromis zurichois », qui veut que chaque place supprimée en surface soit compensée par une place souterraine, dans un rayon proche.

Dans le deuxième cas, pratiquement tout le monde s’accorde à dire, à droite comme à gauche, qu’un renforcement des effectifs de la Police municipale est nécessaire, afin d’assurer une couverture optimale du territoire de la Ville, pour faire face notamment à la recrudescence des incivilités. Pourtant, à l’heure de voter le budget 2011, la majorité de gauche a refusé la création de 20 nouveaux postes d’agents, qui auraient dû, à terme, couvrir les besoins en ressources humaines de nouveaux postes que je projette de créer dans trois quartiers. Pour les remplacer par des médiateurs culturels actifs dans les musées et les bibliothèques ! Par pure idéologie, par peur récurrente de l’uniforme, la gauche va à l’encontre des préoccupations de la population.

Actu PME  Ne pensez-vous pas qu’il y a un risque pour les genevois de perdre certains acquis sociaux si la droite venait à être majoritaire?

Pierre Maudet  La devise du Parti radical genevois est « liberté humaine et justice sociale ». Une majorité de droite ne remettrait nullement en question les acquis sociaux qui reposent sur ces valeurs, auxquelles je tiens fermement. Je crois par contre à une plus grande responsabilisation de tout un chacun.

Actu PME  Quels sont les grands axes de votre programme économique ?

Pierre Maudet  Un des enjeux auxquels la Ville doit se préparer est la suppression prochaine de la taxe professionnelle, qui permettra au canton de régler le différend qui l’oppose à l’Union européenne en matière de fiscalité des entreprises. La perte sera substantielle pour la Ville, puisque cette taxe représente chaque année environ 100 millions de francs de rentrées fiscales, soit 10% de son budget. Il faudra la compenser en partie. Je propose donc de réfléchir à un catalogue de contributions environnementales incitatives appliquées aux entreprises, qui auraient l’avantage pour ces dernières de reposer sur une assiette plus équitable qu’actuellement.

Je souhaite également développer les partenariats public-privé en matière d’investissements, mais aussi afin d’accroître l’implication des entreprises dans les réflexions ayant trait au développement de la Ville.

Celles-ci ont par exemple pris une part importante dans les différentes campagnes que la Ville a mené pour sensibiliser la population aux problématiques environnementales. Procter & Gamble, dont les employés ont participé à une opération de nettoyage de la rade, McDonald’s, qui s’est engagé à vider les poubelles publiques situées aux abords de ses points de vente, Migros, qui a supprimé les sacs en plastique à ses caisses, ou encore Nespresso, qui a mis en place des collecteurs à capsules sur le domaine public, sont quelques unes des entreprises qui ont signé un éco-contrat avec la Ville.

Actu PME  Le problème de l’emploi est un problème récurrent à Genève. Que préconisez-vous pour redynamiser l’économie de la ville?

Pierre Maudet  La Ville a peu de prise sur la politique de l’emploi, celle-ci étant l’apanage du Canton et de la Confédération. Mais mon statut de président de la Commission fédérale de l’enfance et de la jeunesse me donne souvent l’occasion de m’engager pour défendre l’emploi des jeunes, qui servent trop souvent de variable d’ajustement conjoncturel. Dernier exemple en date, la récente votation sur la révision de l’assurance chômage, à laquelle j’étais opposé, et dont les jeunes sont les principales victimes. Nous ne reviendrons pas en arrière. Mais en contrepartie, nous devons leur assurer un meilleur accès au monde du travail. Cela passe notamment par une revalorisation de l’apprentissage et par un accroissement des possibilités de formation continue. Les entreprises doivent également assumer leur part de responsabilité, en engageant des jeunes certes encore peu expérimentés, mais au potentiel de développement élevé.

Actu PME  L’écho de la morosité de Genève dépasse aujourd’hui nos frontières car même le New York Times en a parlé dans son édition du 22 février 2011. Or la gauche vous reproche justement d’être la cause de cette situation. Allez-vous continuer par vous lancer mutuellement les pierres ou avec votre élection des mesures concrètes sont envisageables ?

Pierre Maudet  Je n’ai pas attendu les élections pour proposer des mesures concrètes. Début mars, j’ai présenté un projet novateur, sur lequel je travaille depuis deux ans, suite notamment à l’apparition du phénomène des « bottelones » en 2008, symboles du manque chronique de lieux de sorties pour les jeunes. Il consiste à transformer l’ancien abri de protection civile d’Agrippa d’Aubigné, situé au cœur de la vieille-ville, en un espace multi culturel qui abritera une salle polyvalente pouvant accueillir concerts et expositions, une salle de spectacle destiné aux jeunes artistes genevois, ainsi qu’une buvette. L’impulsion vient de la Ville, mais le financement du projet sera privé, puisqu’il sera assuré par la Fondation Hans Wilsdorf. Preuve en est qu’en matière de culture également, les partenariats public-privé sont possibles et même indispensables, les pouvoirs publics ne pouvant – et ce n’est d’ailleurs pas leur rôle – assumer l’entier de l’offre culturelle nocturne à Genève.

 

Interview réalisée par Thierry Dime

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Commentaires 

 
#9 aurelie 10-03-2011 15:01
Le Parti socialiste s’est engagé et continuera sans relâche à se battre pour maintenir les salles de concert, cafés et bistrots populaires au centre-ville
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#8 roxanne 10-03-2011 13:07
Vous pouvez constater par vous-même ou nous a mené la politique de droite : il n’y a pas plus à Genève aucun lieu de culture excepté les lieux de culture du luxe.
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#7 O. Grant 10-03-2011 10:16
Je veux bien admettre votre idée mais il faut savoir qu’en politique il faut du courage et c’est ce qui manque à la gauche car elle ne prend jamais ses responsabilités .
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#6 Elvire 10-03-2011 08:59
Pourquoi le débat doit toujours être polarisé entre la droite et la gauche ? Au final vous êtes tous pareils car ce qui vous intéresse, c’est le pouvoir.
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#5 thomas 10-03-2011 08:23
Toutes ces subventions aux associations et autres petites magouilles de la gauche sont bien connues.
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#4 Jerome Luther 10-03-2011 08:01
Vous parlez de la droite ? mais vous n’avez pas vu la gauche car vu la manière dont il dépense l’argent du contribuable, l’heure est vraiment au changement.
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#3 lSophie 10-03-2011 07:40
N’oubliez pas que c’est la droite qui bloque la majorité du travail de la gauche, comme c’est le cas avec le problème de logement.
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#2 laurent 10-03-2011 07:25
C’est vrai que le dynamisme et la jeunesse de Maudet joue à son avantage mais beaucoup de chose reste encore à faire à Geneve.
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#1 Solange 10-03-2011 07:09
Les libéraux ont déjà prouvé de quoi est-ce qu’ils sont capables. Tu n’auras donc pas à t’inquiéter cher Pierre.
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