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En Valais, les propriétaires sont plus nombreux qu’ailleurs

Le dossier

Pays réputé pour son niveau de vie élevé, la Suisse possède paradoxalement un faible pourcentage de ses habitants propriétaires de leur logement. Il est surprenant d’apprendre que dans certains pays en voie de développement ou au pouvoir d’achat bien inférieur, ce même pourcentage est jusqu’à deux fois et demi supérieur. Cette constatation nous fait penser que cette notion de « propriété » n’est pas partagée par tous, et n’implique d’ailleurs pas toujours les mêmes contraintes.

En Suisse, c’est un peu plus d’un tiers de la population qui est propriétaire. L’Europe quant à elle, comptabilise une moyenne largement plus élevée se situant autour des 75%, tandis que dans certains pays de l’Est ce taux augmente jusqu’à 90% ! Ces quelques chiffres nous démontrent à quel point les disparités existent. Notons également que le pays le moins bien classé de l’Union européenne, l’Allemagne, atteint tout de même environ 50%.

Propriétaires mais comment ?

Les statistiques, bien que flagrantes, n’expliquent pas les raisons d’une telle variation d’un pays à l’autre ; afin de comprendre ces écarts, il est en effet nécessaire de tenir comptes des exigences et contraintes imposées lors de la construction d’un logement. Les normes et la qualité ne sont pas les mêmes selon les régions de notre monde et influencent le coût d’une habitation et par là même sa possible acquisition par tout un chacun.

De plus, quand on parle de propriétaires,  il est essentiel d’en distinguer deux types : les « locataires d’une banque », endettés ou les « vrais propriétaires » sans dettes. Dans certains pays comme l’Espagne, où plus de 80 % de la population possède son logement, une grande partie de la population avoue avoir des difficultés à rembourser leur crédit hypothécaire. Au Royaume-Uni, une partie des ménages anglais connaît un endettement plus que préoccupant pouvant déboucher à moyen terme sur une paupérisation.

Le Valaisan : Un propriétaire en puissance

Le Valais est le premier canton de propriétaires en Suisse. Avec plus de 60 %, il dépasse largement la moyenne nationale située à près de 35 %. Comment peut-on expliquer cette différence si conséquente entre les diverses régions du pays ?

On peut constater que ce sont les grands centres urbains qui ont le moins de propriétaires contrairement aux cantons alpins. Les prix abordables dans ces régions périphériques sont certainement un des éléments principaux favorisant l’accès à la propriété. Malgré une inévitable hausse, de réelles opportunités immobilières existent encore dans le canton.

Mais le prix ne fait pas tout, même s’il fait inévitablement partie des points à considérer lors du choix d’un lieu d’établissement. C’est souvent « la qualité de vie », le climat favorable, la beauté des paysages avec son côté authentique et la convivialité des Valaisans qui crée un véritable coup de cœur chez les nombreux « migrants » des cantons voisins. Ces derniers viennent augmenter année après année la population de la vallée du Rhône prouvant ainsi par leur installation dans cette « Californie » helvétique qu’il y fait bon vivre. Les infrastructures ne sont pas en reste et les communes investissent afin d’accueillir, comme il se doit, leurs nouveaux résidants. Il est aussi vrai que les autochtones sont très attachés pour ne pas dire enracinés à leur canton. Ce sentiment d’appartenance à une région favorise aussi la décision de faire le pas et de venir grossir les rangs des propriétaires.

 

Laurent Pannatier/Consultant d’ACTU PME et Resp. Régional de l’agence PROXIMMO

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