Bannière

Comment mieux intégrer les jeunes dans le monde du travail ?

Le dossier

Le chômage est un sujet de préoccupation pour tous les actifs de Suisse, qu'ils vivent au sein d'un milieu urbain ou rural. Si nous sommes particulièrement confiants en l'avenir et notamment dans une relance de l'économie pour cette année, rarement la crainte de perdre son emploi avait été aussi prégnante. Pour 76% des Suisses, il s'agit même du sujet de préoccupation principal.

En première ligne, le canton de Genève et ses jeunes actifs constituent un magma représentatif de cette crainte. Entre 1999 et 2005, le pourcentage de personnes de moins de 25 ans au bénéfice de l'aide sociale avait progressé de 110% au sein du canton.

Plus récemment, entre 2008 et 2009, le nombre de chômeurs de moins de 25 ans s'était encore accru de 21,4%, alors que pour l'ensemble des chômeurs, tous âges compris, il augmentait de 11,7%.

 

Ces chiffres ne prennent de plus pas en compte les jeunes actifs qui préfèrent ne pas s'inscrire au chômage ou bénéficient encore de l'aide des parents. Une illustration de la difficulté de la génération Y (née entre la fin des années 70 et le début des années 90) à s'insérer sur le marché de l'emploi.

Comment comprendre cette fragilité ?

Le marché de l'emploi est tendu depuis plusieurs années, les entreprises recherchent une main d’œuvre qualifiée, qui saura s'adapter très rapidement à leur rythme et à leur culture de travail. S'il existe de moins en moins de postes à disposition des nouveaux venus sur le marché de l'emploi, c'est en partie parce que les entreprises préfèrent engager des profils dotés de plus d'expérience. Les jeunes actifs sont réputés moins efficaces, et commettraient davantage de fautes.

Ce constat n'est pas sans lien avec une incompréhension, voire une rupture entre générations. C'est un euphémisme : la génération Y n'a pas pour réputation de se tuer à la tâche. Derrière l'idée préconçue, qu'en est-il en vérité ?

On  parle d'une génération gâtée, nettement plus indépendante et moins encline à se laisser dicter la marche à suivre. Les jeunes de moins de 30 ans n'entretiendraient plus pour voeu de s'engager pour de longues périodes, le besoin de mobilité et la place accordée à leurs loisirs passant même à leurs yeux pour des priorités.

Plus individualistes, n'ayant pas le souci de suivre une carrière rectiligne comme leurs aînés, ils rêvent de faire coïncider activité professionnelle avec valeurs personnelles, et n'hésitent pas à revendiquer ces nouvelles dispositions au sein des entreprises.

Cette tendance semble s'inscrire dans un ébranlement de la vision du travail chez les jeunes. Celui-ci n'est parfois plus considéré comme gage de réussite et d'indépendance personnelle, mais comme une contrainte embarrassante. Il arrive ainsi que des situations de crispation surviennent au sein de l'entreprise. Les managers sont parfois bien gênés devant ces nouveaux salariés qui ne ressemblent pas à leurs aînés.

Si elles se montrent quelquefois incrédules face à ce nouveau type de main d’œuvre, les entreprises doivent cependant comprendre qu'un jeune qui a longtemps étudié ne peut pas posséder la même culture du travail qu'un homme actif depuis plusieurs années. Elles doivent faire preuve de patience et prendre cette inexpérience pour une matière fertile, à façonner.

Si les jeunes font parfois preuve de réticence face au monde des entreprises, c'est qu'elles ne semblent pas aptes à leurs yeux à proposer des défis stimulants. Assimilées à des monstres figés voire impavides, elles détiendraient le pouvoir fâcheux de privilégier les groupes, la masse, les ensembles et l'idée de collectivité, quand les membres de la génération Y  s'individualisent au contraire un maximum.

Génération romantique ou exclusive ? Chacun détient son avis...

Si le jeune actif a besoin de repères dès son entrée au sein de l'entreprise, contrastant ainsi avec un nombre conséquent de salariés plus expérimentés qui s'adapteront plus vite, il est peut-être plus apte que ses prédécesseurs à innover. C'est cette capacité d'innovation, de création, qui doit être récompensée.

Une adaptation mutuelle est donc de mise pour renouer le lien fragile entre entreprises et jeunes actifs. Ceux-ci souhaitent engager leurs forces dans des tâches motivantes. Dans leur langage, s'investir n'est pas un gros mot mais une simple étape du circuit par l'intermédiaire duquel ils comptent s'accomplir. Dans des missions enrichissantes, ils peuvent se révéler très productifs.

 

Faustin Rollinat/Rédacteur d’Actu PME

Copyright © d'Actu PME - Tous droits réservés



PARTAGER CET ARTICLE
Google! Live! Twitter! LinkedIn! Facebook!

 

Commentaires 

 
#2 Elodie 17-06-2011 12:33
Bonjour,
Nous sommes trois jeunes diplômés entrés dans le monde du travail il y a quelques années (2 ans) et nous avons décidé d'en parler. Nous cherchons a recueillir des données quantitatives. Cela prend 5 minutes pour répondre à notre questionnaire. Des désillusions, insomnies, chômage ou au contraire, la belle vie ? Voici le lien : pink.cawi.fr/.../elom.pl
Citer
 
 
#1 Patrice 03-03-2011 08:36
C'est peut-être que le travail ne représente plus ce qu'il était avant. Et les jeunes ont bien compris, dans un contexte de crise économique, que l'image de décomposition du travail n'a rien de réjouissant.
Citer
 

Ajouter un Commentaire

Actu PME ne porte aucune responsabilité concernant le contenu des commentaires et se garde le droit de supprimer les messages.

Code de sécurité
Rafraîchir