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Trouver un emploi, lorsqu’on est étranger et sans permis de séjour

Le dossier

A Genève, on estime à environ 50% d’étrangers sur le marché du travail. Une partie sont des ressortissants de l’Union européenne qui bénéficient des accords sur la libre circulation. D’autres sont soit des enfants d’immigrés, soit des personnes qui avaient un permis de séjour, échu à ce jour, ou encore des personnes entrées sur le territoire de manière clandestine.

Toutes ces personnes représentent une catégorie juridique nommée les clandestins. La situation de ces étrangers est considérée comme illégale, puisque sans permis de séjour, il leur est interdit de travailler, du moins sur le plan juridique. La réalité est évidemment tout autre… il faut bien gagner sa vie et pour y parvenir, travailler. De là naît un fameux marché gris, à ne pas confondre avec le marché noir.

 Le premier se définit comme un emploi pour les personnes sans permis de séjour, alors que le second représente les emplois non déclarés aux déductions sociales. La justice, quant à elle, met tout dans un même panier, et a depuis quelques années une loi sur le marché au noir. Cette loi a pour objet la répression d’une activité salariée en violation des dispositions légales.

Pourtant malgré l’entrée en vigueur de cette loi, le marché noir existait depuis bien longtemps et n’a pas cessé depuis. Car sur le marché du travail, il y a non seulement des personnes sans permis qui offrent, mais les demandeurs sont là !

S’il n’y avait pas ce jeu de l’offre et de la demande, peut-être qu’alors ce marché noir cesserait, mais cela paraît presque impossible.

Les étrangers travaillent le plus fréquemment dans le domaine domestique, en effectuant du ménage, des travaux de réparations ou encore de la garde d’enfant. Et dans ce domaine, il y a une demande très importante, surtout venant de parents travaillant à 100%, qu’ils soient en couple ou célibataire.

Depuis l’entrée en vigueur des accords entre l’Union européenne et la Suisse, pas mal de situations ont pu être régularisées puisqu’il « suffit » à l’employeur de déclarer son employé et de faire une demande de séjour. Néanmoins, ces changements ne sont intervenus que pour une partie des Etats membres, les autres ainsi que toute autre nationalité restent « clandestins ».

La loi sur le travail au noir, ou plus précisément la loi fédérale concernant des mesures en matière de lutte contre le travail au noir, n’offre pas de solutions au problème mais des sanctions allant jusqu’à l’expulsion.

La plateforme « humanrights.ch » dénonce cette situation, d’autant qu’elle crée une peur constante d’être renvoyé, de perdre tout ce qui a été construit (amitiés, connaissances, environnement social) non seulement pour les parents, mais également chez les jeunes. Ceux-ci ont, heureusement, la chance de pouvoir faire leurs études en Suisse, depuis l’école obligatoire jusqu’aux hautes études, mais par la suite ils sont confrontés au même souci que leurs parents : pas de papiers, donc pas le droit de travailler ; à moins évidemment d’avoir pu effectuer la naturalisation entretemps.

Trouver un emploi est donc possible, mais semble être un parcours semé d’embuches… et une fois l’emploi en main, il ne faut pas se faire prendre par les autorités au risque de tout perdre.

Les accords sur la libre circulation ont été un grand pas en direction des droits de l’homme, il reste cependant encore à méditer et à développer sur ce sujet, non plus sur des sanctions, mais sur des solutions.

 

Ella Dettwiler/Rédactrice d’Actu PME

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