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Le travail à temps partiel en Suisse: utopie ou réalité

La chronique

Le travail à 100% voire 150% est souvent perçu en Suisse comme signe d’engagement et de fidélité à l’employeur. Dans un monde globalisé du travail où des objectifs quantitatifs et qualitatifs sont assignés, où la compétition fait rage et où règne une seule loi, celle de la performance et la rentabilité, quelle place est accordée aux employés-es désireux de travailler moins pour s’occuper de leur vie, de leur famille ou simplement combiner vie professionnelle et vie privée ?

Le constat n’est pas très réjouissant, car actuellement le temps partiel est surtout pratiqué  par des femmes : plus de 50% des femmes qui exercent une activité professionnelle ont un emploi à temps partiel.

Chez les hommes, ce taux se situe aux alentours  de 14% et descend très bas pour les postes de cadre. Il faut dire que malgré les dispositions légales en vigueur, des obstacles réels existent et font douter même les plus motivés de faire le choix du travail à temps partiel :

  • conditions d’emploi précaires
  • couverture sociale insuffisante
  • difficulté d’accéder à des postes intéressants ou à des postes de responsabilité
  • difficulté d’accès à une formation continue
  • la réticence de certains employeurs pour qui l’engagement doit être total  et qui usent de mille stratagèmes pour décourager le temps partiel surtout au niveau des fonctions de cadres

Cet esprit conservateur du monde du travail, pourrait fait place à une meilleure répartition du travail, une meilleure organisation des postes de travail et se traduirait par des gains pour les entreprises qui l’encouragent :

  • Des employés-es motivés à bloc fiers d’exercer leur métier et aussi d’assumer par ailleurs d’autres activités : participer activement  à la vie familiale, associative, sportive, s’épanouir dans ses hobbies, etc.
  • Une baisse du taux d’absentéisme due à la surcharge du travail, et au burn-out,
  • Une baisse du taux de chômage via une répartition des postes de travail (ex. aujourd’hui des experts qualifiés sont au chômage pendant que dans le même temps ceux qui travaillent s’essoufflent) 
  • Une économie sur les coûts de la santé qui ne cessent de grimper

Quelques questions se posent quand même :

  1. Quel modèle de société voulons-nous ?
  2. Que veut dire aujourd’hui le bien être ?
  3. Le politique peut-il ou doit-il faire quelque chose ?
  4. Quelle est la position des vrais décideurs à savoir les patrons d’entreprise ?
  5. Que veulent les employés-es, seuls responsables de leur choix de carrières ?

Dans une économie libérale seul un vrai consensus entre toutes les parties impliquées peut nous faire progresser pour le bonheur et le bien- être de tous.

 

Serge Sagbo, Dr. Ing. Informatique et homme politique

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