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Vers un Etat vautour. Par Yannick Buttet

La chronique

Nous voici une nouvelle fois repartis dans la caricature qui voit s'opposer un homme gras fumant un épais cigare portant un sac débordant de billets et un homme squelettique passant son temps à travailler pour un salaire de misère…

En effet, l'initiative populaire lancée au niveau fédéral par les milieux de gauche visant à instaurer un impôt sur les successions et donations nous rappelle ces images que nous avons tous en tête et nous renvoie à la lutte des classes que nous pensions avoir vu tomber avec le mur de Berlin. Comme la plupart de mes concitoyennes et concitoyens, j'ai peu d'états d'âme à devoir taxer les top managers et les super-riches !

En théorie du moins… Car en réalité, les personnes dotées de tels revenus et de telles fortunes sont très mobiles. Ils préfèrent effectivement s'exiler dans un Etat fiscalement plus attrayant et laissent à la classe moyenne le poids des impôts qu'eux ne paieront plus.

C'est exactement ce qui se passera si un impôt fédéral sur les successions devait être adopté. Et, une nouvelle fois, ce seront les personnes de la classe moyenne qui passeront à la caisse alors qu’elles auront économisé toute leur vie pour, par exemple, acheter leur propre logement.. Dans les cantons qui connaissent déjà un impôt sur les successions en ligne directe, il n'est pas rare de voir certaines personnes vendre le bien qui devait leur revenir afin de payer cet impôt. Et les entreprises sont particulièrement touchées par celui-ci.

Par ailleurs, la proposition d'attribuer ces montants en grande partie à l'AVS est une proposition racoleuse et sans ambition. En effet, le fait d'affecter sans cesse de l'argent dans un système qui ne parvient plus à se financer ne fait que de reporter le problème et évite une réflexion de fond sur nos retraites ! Et cette réflexion doit inévitablement mener à des décisions courageuses ! Il est effectivement plus simple de taxer encore et encore les mêmes personnes plutôt que de trouver une solution permettant un réel équilibre de la prévoyance professionnelle à long terme.

Concrètement, si j'ai la chance d'hériter un bout de terrain que mes parents ont préféré conserver pour leurs enfants, sans en retirer aucun profit, je serai probablement forcé de le vendre pour donner la part qui revient à l'Etat soit 1 franc sur 5 ! Il en ira de même si mes parents décident de leur vivant de faire profiter leurs enfants de ce qu'ils ont économisé. Sur les frs 20'000 qui seront offerts à leur descendance, l'Etat en prélèvera frs 4'000 !

Au final, il vaudra mieux pour moi de dilapider mes économies si je ne veux pas voir l'Etat (qui a déjà prélevé l'impôt sur cet argent lorsque je l'ai gagné puis lorsque je l'ai économisé ou investi) confisquer 20% du revenu de mon labeur que je voulais transmettre à mes enfants… Comme motivation à la création de richesse et l'esprit d'entreprise, on aura déjà vu mieux !

 

Yannick Buttet/Chroniqueur d’Actu PME

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Commentaires 

 
#1 sylvain 02-09-2011 06:33
très bien dit. Je vous recommande aux citoyens de votre canton
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