Proposer, oser, assumer !
| La chronique |
Chaque entrepreneur le sait bien : s'il veut avoir du succès, il doit trouver le bon filon, avoir la bonne idée au bon moment ! En un mot, proposer ! Puis, il doit investir, prendre des risques financiers ! Bref, il doit oser. ! Enfin, quel que soit le résultat de son entreprise, il doit en assumer la conduite et les conséquences positives ou négatives.
Si de nombreux Suisses ont lancé leur propre entreprise et les gèrent avec succès, force est de constater que notre pays manque d'entrepreneurs. Il est effectivement plus aisé de trouver un emploi bien rémunéré avec peu ou pas de responsabilités laissant ainsi beaucoup de temps à la vie privée et aux loisirs plutôt que de devoir se battre au quotidien pour payer les salaires de ses employés.
Cet esprit d'entreprise qui fait défaut ne manque pas seulement à l'économie ! S'il doit être renforcé dans chaque domaine, par exemple dans la formation ou les activités associatives,, c'est peut-être bien dans le monde politique que le manque est le plus criant.
Deux phénomènes contribuent fortement à tuer l'esprit d'entreprise au niveau politique : le tout-au-juridique et le recours systématique aux experts. A l'heure où nos élus n'ont plus le droit à l'erreur, la tentation est grande de se réfugier derrière les sacro-saintes normes qui apparaissent comme intouchables.
Quoi de plus simple que de répondre à un citoyen que la loi ne permet pas d'appliquer sa proposition ou de lui dire que les experts en ont décidé autrement et que eux, ils savent… Dès lors, l'action politique ne se bornerait plus qu’à appliquer ces règles et à administrer plutôt qu'à décider.
Nous attendons de nos élus qu'ils fassent leur maximum pour mettre en oeuvre leur vision de la société. Que les lois actuelles et les avis d'experts nourrissent leur réflexion mais ne deviennent pas une entrave à la concrétisation des bonnes idées. Nous voulons que nos élus apportent des idées, qu'ils les mettent en oeuvre et qu’ils aillent jusqu'au bout. Finalement, le monde politique doit retrouver un esprit d'entrepreneur pour proposer, oser et assumer.
Yannick Buttet/Chroniqueur d’Actu PME
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Commentaires
Et pourtant plus il y a de tentatives plus il y a de réussites...
A mon avis, l'important est surtout de conserver cet esprit d'entrepreneur. Il peut se traduire aussi dans d'autres contextes mais on doit conserver cette envie de créer même si cela demande de nombreux efforts et que le résultat est incertain.
Je ne suis pas sûr que l'abstentionnisme ne s'explique que par une vision négative des citoyens par rapport à la politique. Mais il faut reconnaître que l'image de la politique n'est pas toujours, à tort ou à raison, positive. Pour reprendre ce que j'ai écrit sous forme de boutade, c'est seulement en s'engageant avec conviction qu'on pourra faire changer les choses d'où mon "lancez-vous!" Personnellement j'y crois et je le vis souvent.
Monsieur Buttet, c’est hélas la triste réalité à la quelle nous sommes confrontés aujourd’hui. Pourquoi selon vous ce grand désintérêt des citoyens à la chose politique ? Le taux de participation aux votations est toujours de plus en plus bas ? Pensez-vous que c’est à cause du fait que nous en avons une vision positive ?
Il y a bien évidemment des exceptions que je relève... et de brillantes. Certains jeunes parviennent à entreprendre avec succès. Toutefois la tendance générale ne va pas dans ce sens.
Par contre rejeter la responsabilité d'un échec sur les institutions ou sur un autre bouc émissaire ne me semble pas un vrai esprit d'entrepreneur.
Je trouve triste d'avoir une telle vision de la politique. Elle reste pour moi, en particulier dans notre pays, le moyen de changer les choses. Bien sûr les intérêts influencent certaines décisions mais chez nous le peuple peut finalement décider.
Et si vous n'y croyez pas, lancez-vous !