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PIERRE MAUDET | MA VISION POUR GENÈVE

La chronique

Imaginer la Genève de demain, c’est d’abord agir pour résoudre ses problèmes d’aujourd’hui. Que cela soit en matière de logement, d’emploi ou de mobilité, des solutions pragmatiques doivent être trouvées afin de dépasser les blocages qui empêchent trop souvent la Ville et le Canton d’avancer. Celles-ci passent notamment par une plus grande implication des partenaires privés dans le développement des politiques publiques.

En matière de logement, deux visions doivent cohabiter : penser cette problématique au-delà des frontières communales, en construisant des appartements dans la couronne urbaine de Genève, mais également soutenir le rehaussement des immeubles au cœur de la Ville.

Des habitations doivent être impérativement conservées au centre, afin de garantir une mixité sociale aussi en termes de logement. Par rapport au Canton, la Ville a peu de moyens d’action dans ce domaine. Mais elle ne doit pas être un frein au développement de solutions novatrices. Au contraire, elle doit en être la facilitatrice ; en prenant un peu de hauteur.

La question de l’emploi échappe largement aux autorités communales. Mais elles peuvent procéder par des actions ciblées. Ce que fait la Ville, par exemple en soutenant fortement la filière de l’apprentissage. Depuis 2007, le nombre de places a presque doublé, passant de 46 à 80 en 2010.

L’augmentation est également de taille au sein du Département que je préside, celui de l’environnement urbain et de la sécurité, puisque nous avons quadruplé le nombre de places en 4 ans. Mais c’est aussi aux entreprises de jouer le jeu, en soutenant et en valorisant cette filière de formation. Qui plus est à l’heure où les jeunes vont supporter une grande partie des conséquences de la révision de l’assurance chômage, entrée en vigueur début avril.

En règle générale, j’estime que les entreprises ne sont pas assez associées aux réflexions et aux décisions politiques. Non pas par leur faute, mais trop souvent parce qu’à gauche, le mot « privé » fait peur. Elles ont pourtant énormément à apporter au développement de la Ville.

Dans de nombreux domaines, leur rôle est même essentiel. A la tête de la Voirie de la Ville de Genève, je me suis rendu compte que l’on ne peut pas améliorer l’attractivité d’une ville, en termes de propreté, et augmenter son taux de tri des déchets, si l’on est seul.

Nous avons donc développé un concept d’éco-contrats, qui sont des partenariats personnalisés conclus entre les entreprises et la Ville, reposant sur un contrat moral. Dans ce cadre, la banque Syz s’est par exemple engagée à supprimer les gobelets en PET de ses bureaux, ainsi qu’à réduire sa consommation d’eau et d’électricité. Les économies réalisées sont réinvesties pour inciter ses employés à utiliser les transports publics.

Autre exemple, nous avons réussi à convaincre Migros Genève de supprimer les sacs en plastiques qui étaient distribués aux caisses de ses magasins. Résultat, 70 millions de sacs supprimés en deux ans ! En échange, la Voirie a installé plus de poubelles aux abords de ses points de ventes et augmenter le nombre de levées des déchets.

Mais si l’on demande aux entreprises de s’impliquer d’avantage dans les problématiques liées au développement de l’environnement urbain, il faut aussi, en retour, leur offrir des conditions-cadre favorables à la bonne marche de leurs activités.

La Ville peut le faire notamment dans le domaine de la mobilité. Les artisans ont besoin de places de parc au centre ville pour travailler, tous comme les restaurateur pour accueillir leurs clients. J’en suis conscient. Tout comme du fait qu’un centre ville accueillant et agréable à vivre passe par l’accroissement des zones piétonnes.

Mais la création de ces dernières ne doit pas se faire au détriment du travail des PME. La solution passe par la création de places de stationnement en sous-sol, dans la logique du « compromis zurichois », qui veut que chaque place supprimée en surface soit compensée par une place souterraine, dans un rayon proche. Cela passe notamment par la création du parking des Clés de Rive.

Autre geste fort que la Ville peut faire en direction des entreprises, celui de supprimer la taxe professionnelle. Cette taxe génère un important conflit en matière de fiscalité avec Bruxelles. Mais elle repose surtout sur une base inéquitable, qui profite aux grandes entreprises, mais pénalise les petites. Il faudra bien évidemment compenser la perte de revenu qu’engendrera cette suppression.

Mais à nouveau, les solutions existent. Par exemples en mettant sur pieds des contributions environnementales incitatives appliquées aux entreprises. Ou en développant les rentrées non fiscales, comme je le fais dans mon Département, en augmentant les ventes de verre et de papier recyclé.

De manière générale, la Ville ne doit pas remplir ses caisses uniquement par le biais des recettes fiscales. Et elle doit aussi penser à créer de la richesse, en redistribuant une partie des bénéfices qu’elle engrange année après année après année depuis 2006, au profit des habitants et des entreprises.

Ces quelques lignes m’ont permis de développer quelques unes de mes idées pour Genève. Il y en a bien d’autres, qui ont toutes pour point commun une volonté d’action qui m’anime en permanence depuis 4 ans. J’espère pouvoir mettre cette volonté au service de la population pour 4 nouvelles années.

 

Pierre Maudet, Conseiller administratif de la ville de Genève

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Commentaires 

 
#17 simon 08-04-2011 17:49
Les forfaits fiscaux accordés aux riches est la solution de la gauche à tous les maux de la société. Changez de registre
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#16 benoit 08-04-2011 17:33
Combien sont-ils ? N’est pas une marre dans l’océan ?
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#15 arlette 08-04-2011 16:10
Sandrine Salerno a proposé la suppression des forfaits fiscaux pour résoudre le problème de logement. Ce qui obligerait forfaitaires fiscaux à faire leur valise.
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#14 aline 08-04-2011 12:36
Vivement que l’initiative de l’asloca soit soumis au peuple
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#13 isabel 08-04-2011 12:02
Le logement ne devrait pas être soumis au marché mais géré de manière démocratique
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#12 andrea 08-04-2011 11:55
Citation en provenance du commentaire précédent de richard:
et aussi à cause des frontaliers.

On les appelle frontaliers parce qu’ils ne vivent justement pas à Genève. Alors, pas d’amalgame.
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#11 richard 08-04-2011 11:25
Comparé aux autres pays européens, le taux de natalité à Genève est très bas mais la population augmente rapidement (10'000 à 15'000 nouveaux habitants par an) à cause de la politique économique consistant à attirer des riches et des expatriés du monde entier et aussi à cause des frontaliers.
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#10 olivier 08-04-2011 10:42
Pour les prix des loyers, la solution est simple : il faut que l’état introduise un contrôle des loyers
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#9 adrien 08-04-2011 08:58
N’oublie surtout pas de rappeler que les prix également des loyers explosent, comme les congé-ventes.
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#8 sarah 08-04-2011 08:47
Ne peut-on pas limiter la surface des appartements à 120 mètres carrés au maximum. On gagnerait plus d’espace pour construire d’avantage d’appartement.
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