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Anticiper la reconversion des sportifs d’élite.

La chronique

Passage souvent difficile pour les athlètes de haut niveau, la reconversion des sportifs se doit d’être prise au sérieux. L’avis et les conseils avisés de quatre journalistes sportifs. « La reconversion des sportifs d’élite doit être préparée très tôt ». Ce discours revient comme un refrain dans la bouche des acteurs du monde du sport. « Un athlète doit organiser sa reconversion à peine il commence son sport de haut niveau », assure Roland Guex, journaliste sportif à La Télé. Un avis partagé par son confrère de la Radio Suisse Romande (RSR) Alain Thévoz. « Il faut organiser la retraite sportive longtemps à l’avance, au moment où le jeune talent décide de tout mettre de son côté pour devenir professionnel », indique-t-il. S’y préparer, oui mais comment ?

La mise en pratique de ce conseil pourtant avisé n’est de loin pas évidente pour de nombreux champions qui se retrouvent parfois mal équipés le moment venu. Roland Guex insiste sur la nécessité de suivre une formation préalable. « Les parents ont la responsabilité d’exiger de leur enfant qu’il effectue un apprentissage ou toute autre formation de base. Le jeune doit avoir une alternative en cas de blessure ou ne serait-ce que s’il ne devient pas champion », relève-t-il.

Même propos de la part d’Alain Thévoz pour qui le meilleur moyen demeure le programme scolaire suivi en parallèle à la carrière sportive. « Mais si le sportif n’a pas l’occasion de concilier sport et études, je lui conseillerai au moins de suivre des cours par correspondance ou d’améliorer ses compétences linguistiques notamment ». Une manière de préparer ses arrières et de ne pas perdre de vue l’après carrière.

Le journaliste de la RSR souligne également l’importance de cultiver des activités en dehors de sa discipline sportive pour s’ouvrir à d’autres intérêts. « Il ne faut pas oublier que la carrière sportive est une parenthèse qui, si belle soit-elle, peut être plus ou moins longue selon les personnes, mais ne dure qu’un temps », prévient-il.

Dans les faits, il s’avère parfois difficile de concilier sport de haut niveau et formation professionnelle. « L’idéal absolu serait d’avoir un plan de carrière pour pouvoir dire le plan B c’est ça », recommande Marie-Laure Viola, journaliste sportive à la Télévision Suisse Romande (TSR). « Je suis bien consciente que ce n’est hélas pas souvent le cas dans la pratique. La formation est importante, mais concilier carrière sportive et études demeure très lourd pour un athlète et n’est pas toujours optimal pour la performance sportive », poursuit-elle. Un paradoxe qui ne facilite pas la tâche des champions soucieux de leur avenir.

Manque de structures

La quasi absence de programmes aidant la formation des athlètes n’améliore par les possibilités d’action des jeunes sportifs, alors même que la formation reste un atout non négligeable une fois la carrière sportive achevée. « En Suisse le manque de structure est une catastrophe totale », regrette Roland Guex. « Investir dans la formation est capital. L’exemple des Etats-Unis le montre bien. L’essentiel de leur champions provient des universités qui ouvrent grand leur portes aux sportifs talentueux », poursuit-il. Encourager le suivi d’une formation en parallèle à une pratique sportive de haut niveau s’avère d’autant plus important qu’en Suisse de nombreux sportifs galèrent et ne parviennent pas à vivre de leur discipline. C’est ce qu’indique Alain Thévoz qui différencie les sports médiatisés qui rapportent de l’argent tels le ski, le football ou encore le hockey, des sports peu ou pas médiatisés. « Un sportif qui a gagné de l’argent durant sa carrière peut voir venir. Mais ce n’est pas le cas de tous les sportifs », rappelle-t-il.

Entourage déterminant

Guider et soutenir le sportif dans son projet d’avenir est le rôle de l’entourage. Un cadre stable et solide s’avère capital dans la préparation de l’après carrière sportive. « Les parents, le manager, l’entraîneur, la fédération ou l’association, tous ont la tâche de se charger de la suite de la carrière de leur protégé et de lui faire prendre conscience de ses responsabilités », résume Marie-Laure Viola. Pour Christian Despont, rédacteur en chef adjoint et responsable de la rubrique sportive du Matin et du Matin Dimanche, préparer la reconversion s’avère aujourd’hui de plus en plus difficile. Les athlètes deviennent professionnels considérablement tôt. Ainsi ils sont bien souvent très pris en charge et évoluent dans un univers essentiellement centré sur eux. « Il est important que le sportif se responsabilise en effectuant lui-même des petits actes symboliques tels que remplir sa feuille d’impôt ou réserver ses billets d’avion par exemple », donne pour exemple le journaliste.

Difficile d’arrêter

Organiser sa reconversion est une chose, il convient encore de choisir le moment opportun pour mettre fin à sa carrière sportive. Quand arrêter ? Que vais-je faire après ? Des questions que les athlètes de haut niveau se posent forcément. Anticiper sa reconversion reste le meilleur moyen d’y faire face. « Les sportifs doivent profiter d’établir des contacts pendant qu’ils jouissent encore de la notoriété liée à leur pratique », conseille Roland Guex. Un avis partagé par Marie-Laure Viola. « Se faire connaître et exposer son concept d’après carrière pendant que l’on est au sommet s’avère déterminant pour la suite », note-t-elle. Cela n’empêche que décider de mettre un terme à sa carrière ne coule pas toujours de source. De nombreux talents peinent à prendre la décision de décrocher de la compétition et il n’est pas rare d’observer des retours après une première interruption.

Le moment idéal pour s’arrêter varie d’un individu à l’autre. Christian Despont compare la retraite sportive à une petite mort. « Mettre un terme à sa carrière sportive est un deuil à faire. Si certains souhaitent sortir par la grande porte et finir au sommet de leur gloire. D’autres sportifs vont jusqu’au bout et perdent beaucoup. Dans certains cas, il est nécessaire de tuer l’athlète pour donner naissance à un autre homme » analyse-t-il.

Le retour à l’anonymat, la baisse de la notoriété, la perte de repères, autant d’éléments qui rendent peu aisé le passage vers la retraite sportive. Sans compter l’addiction à la performance, le manque physiologique et les émotions engendrées par la pratique sportive de haut niveau qui rendent ardu le retour à la vie « normale ». La transition est d’autant plus difficile à vivre lorsqu’elle n’est pas choisie, mais précipitée par une blessure par exemple. Mais les exemples de reconversion sans douleur existent bel est bien. « Une reconversion est réussie lorsque le sportif se sent bien dans sa nouvelle fonction. Pour cela, il faut qu’il accepte que les grands moments sont derrière lui », conclut Marie-Laure Viola. Quelle que soit la raison de l’arrêt de la carrière, blessure, baisse de performances, manque de motivation, une préparation de la suite s’avère essentielle.

 

Valentine Charrière/Rédactrice

En partenariat avec l’ESM - Ecole de management et de communication



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Commentaires 

 
#2 Roland 01-04-2011 08:20
Cher monsieur, tous les sportifs d’élite ne sont pas les joueurs de football
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#1 Ulrich 01-04-2011 08:07
Avec tout l’argent qu’ils gagnent, ils n’ont même plus besoin de travailler.
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