Bannière

Il est possible d’améliorer l’apprentissage de l’allemand chez les Romands. Par Philippe Nantermod

La chronique

Une rapide discussion en allemand avec un jeune maturiste laisse apparaître le gros point noir de l’éducation helvétique : l’apprentissage des langues. Un pays comme le nôtre, qui connaît quatre langues nationales, ne peut se contenter du piètre niveau linguistique des « Welsch ».

L’allemand est la première langue du pays et même du continent. Notre premier  partenaire commercial le parle, les autorités politiques et financières du pays le pratiquent au quotidien.

Le maîtriser est un gage d’intégration économique et culturelle et constitue certainement un des plus grands défis du système éducatif suisse. Au parlement valaisan, les jeunes libéraux-radicaux valaisans tentent d’apporter des solutions concrètes par le biais de six interventions. L’immersion est à n’en pas douter le meilleur moyen d’acquérir et de perfectionner une langue.

Nous avons la chance de disposer en Suisse des infrastructures permettant aux Romands de passer un séjour dans un milieu alémanique, mais trop peu se plient à l’exercice souvent fastidieux.

A l’évidence, les mesures d’encouragement qui se résument à distribuer des prospectus et à offrir des consultations individuelles ne suffisent pas. Le projet valaisan veut que toute personne qui a pour objectif de réussir une maturité gymnasiale, commerciale ou professionnelle doit, avant de pouvoir se présenter aux examens finaux, avoir accompli un stage en allemand, d’une durée à définir. Peu importe que ce stage ait lieu pendant les vacances ou durant les périodes scolaires, qu’il soit effectué en école publique, privée ou même en entreprise, l’objectif est l’immersion.

Un tel système aurait l’avantage de pousser les jeunes à organiser un voyage linguistique durant leurs études, selon leurs disponibilités et leurs envies. Plus d’autonomie, une meilleure connaissance de l’allemand, un esprit d’initiative, voilà ce que veulent développer ces trois premiers postulats déposés. Ils ne s’adressent heureusement pas aux seuls étudiants gymnasiaux. Les jeunes qui choisissent une filière commerciale ou professionnelle y seraient aussi soumis si leur objectif est l’octroi d’une maturité idoine.

Une autre proposition postule aussi la mise en place d’un programme d’évaluation des systèmes éducatifs de chaque canton. Les études PISA permettent de comparer l’efficacité de l’enseignement de la langue maternelle et des mathématiques. Il est important d’étendre ces comparaisons à l’apprentissage de l’allemand. Il sera ainsi beaucoup plus aisé de comprendre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans nos modèles scolaires. Il est regrettable qu’actuellement les reproches faits aux systèmes éducatifs ne soient fondés que sur des a priori en l’absence de toute base comparative. Pour parvenir à nos fins, une collaboration intercantonale en la matière est essentielle.

Les examens scolaires doivent aussi être adaptés aux systèmes privés qu’exigent les milieux économiques. Plutôt que de se contenter d’un diplôme de maturité, l’obtention d’un bac sanctionnant une réussite en allemand et en anglais doit s’accompagner d’un certificat reconnu sur le plan international, comme le First ou le Goethe. Ces mesures s’appuyant sur les normes européennes permettront de mieux valoriser les diplômes délivrés et de donner à tous les jeunes une chance supplémentaire de bien s’intégrer sur le marché du travail.

Enfin, les jlrvs demandent que l’expérience des classes bilingues soit étendue à tous les cycles d’orientation, pour permettre, dès le plus jeune âge, un apprentissage plus poussé et plus efficace de l’allemand. C’est un fait notoire, plus une langue est apprise jeune, mieux elle est maîtrisée.

Ces mesures ne résoudront naturellement pas tous les problèmes d’un coup. Elles ont néanmoins l’avantage de proposer des solutions concrètes et qui ont fait leurs preuves pour améliorer sensiblement les capacités des jeunes Romands à s’exprimer dans une langue nationale qui leur est  pourtant souvent trop étrangère. Si la Suisse ne peut se passer d’un débat sur les langues, il est urgent de réfléchir aussi aux réponses à ce problème qui n’est pas insoluble.

L’économie et les PME de notre pays ont tout à gagner d’une formation axée sur un marché du travail de plus en plus tourné vers l’exportation et la maîtrise des langues est, malheureusement ou heureusement, c’est selon, une des clés de la réussite. Les entreprises helvétiques ne sont d’ailleurs pas oubliées dans ce programme. En France, les apprentissages se faisaient autrefois sous la houlette de plusieurs patrons, permettant une approche globale et diversifiée de la formation. De tels échanges pour le apprentis pourraient aussi constituer un pas en direction d’une meilleure compréhension de la complexité helvétique et d’échanges renforcées entre Alémaniques et Romands. Et cela à un prix somme toute raisonnable.

 

Philippe Nantermod/Vice-président des jeunes libéraux-radicaux suisses

Copyright © d'Actu PME - Tous droits réservés



PARTAGER CET ARTICLE
Google! Live! Twitter! LinkedIn! Facebook!

 

Commentaires 

 
#14 prius 11-12-2010 18:23
Inutile d'enseigner aux petits Romands le Schwyzerdütsch qui ne s'écrit pas et qui ne se parle pas au-delà de nos frontières.
Citer
 
 
#13 alexandre 11-12-2010 17:45
Dans quel siècle êtes-vous? L’allemand n'est pas un vecteur de communication dans le monde et encore moins le Schwyzerdütsch.
Citer
 
 
#12 co1 11-12-2010 06:34
Bravo pour cet article...et beaucoup moins pour certains commentaires! Les langues doivent devenir une vraie force de notre pays. L'anglais n'est plus un avantage, mais une obligation. L'allemand pèse quant à lui beaucoup plus. Il faut certes encourager l'immersion, à condition que l'octroi de bourses existe, et de manière équitable. Mais il faut aussi revoir la manière d'enseigner les langues. Plus d'oral, moins de grammaire ultra poussée que les natifs n'emploient plus. Je suis toujours choqué quand les élèves de 9e ne comprennent pas des phrases basiques: "prenez votre livre", etc. Et que des maturistes soient incapables de faire une phrase correcte, mais peuvent répéter par coeur l'analyse de "Lorelei" ou la vie de Kafka.
Citer
 
 
#11 thaindor 10-12-2010 22:27
La non réciprocité et la peur de la conquête germanique ne sont que des arguments puériles. Désolé d'être aussi dur... mais ce sont des idées reçues (tirées souvent de faits réels) mais qui n'ont pas valeur de vérité et qui ne sont pas constructives.

Des initiatives pour améliorer l'apprentissage des langues sont de bonne augure pour notre économie, notre formation et l'avenir du pays. Sans parler de la cohésion nationale qui en ressort renforcée (ce qui évitera des remarques du genre de celles qui ont été écrites ici).

Je prône également l'échange linguistique dès le CO. On pourrait également penser à des collaborations entre régions linguistiques dès les années primaires. Notamment avec l'aide des outils informatiques (email, MSN, etc...), un échange encadré entre élèves est facilement réalisable.
Les idées de ces jeunes politiciens sont exigeantes... mais une exigeance qui me parait pas du tout déplacée et superficielle.
Citer
 
 
#10 Nick 10-12-2010 17:22
Citation en provenance du commentaire précédent de Gonzales:
De quelle richesse parlez-vous ? J’avoue que je ne connais pas le suisse allemand et je n’ai d’ailleurs pas envie de le connaitre et je ne m’estime pas pauvre pour cela. Juste à l’entendre, se fait vite une idée



Je me dis que vous ne devez pas faire souvent du business en Suisse, car si tel était le cas vous parleriez déjà au moins quelques mots de suisse-allemand ...
Citer
 
 
#9 Gonzales 10-12-2010 15:33
De quelle richesse parlez-vous ? J’avoue que je ne connais pas le suisse allemand et je n’ai d’ailleurs pas envie de le connaitre et je ne m’estime pas pauvre pour cela. Juste à l’entendre, se fait vite une idée
Citer
 
 
#8 Elodie 10-12-2010 13:24
C’est toujours une richesse d’apprendre une autre langue. Pour une fois que l’argent de nos impôts sert à quelque chose, autant donner cette opportunité aux enfants et à tous ceux qui veulent améliorer l’allemand.
Citer
 
 
#7 Mathieu 10-12-2010 13:08
Vous pensez qu’on se fait des idées maintenant sur les suisses alémaniques ? S’ils pouvaient rayer les autres régions linguistiques de la suisse, il le ferait. Pour les alémaniques, la suisse c’est Zurich, Bern et leurs environs. On commence en avoir un peu marre de ça.
Citer
 
 
#6 denis 10-12-2010 12:35
Pourquoi devez-vous toujours voir la main mise des alémaniques partout. Ne pensez-vous pas qu’il soit de l’intérêt de nos enfants d’apprendre également l’allemand (en plus de l’anglais évidemment). La réalité d’aujourd’hui est qu’une majorité d’entreprise sont soit située en suisse alémanique soit entretienne un lien commercial avec eux.
Citer
 
 
#5 micheline 10-12-2010 12:31
C’est vraiment du n’importe quoi et ce sera quoi la prochaine étape ? Ah j’oubliais, surement qu’on devra dorénavant parler le suisse allemand à la maison.
Citer
 

Ajouter un Commentaire

Actu PME ne porte aucune responsabilité concernant le contenu des commentaires et se garde le droit de supprimer les messages.

Code de sécurité
Rafraîchir